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Réinventons le PS pour faire gagner la gauche.
Après le 7 juin, 7 défis pour relever le PS
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Paris, le 21 juin 2009

Les Français n’ont pas sanctionné l’UMP et Sarkozy. Ils ont sanctionné le PS. De façon lourde et impressionnante. Ils ont signifié par leur vote du 7 juin qu’ils comptaient sur une gauche forte et que le PS n’était plus forcément la force motrice de cette gauche de demain. Le PS et la gauche avaient perdu 2 présidentielles mais gagné l’intégralité des élections intermédiaires. Le signal d’alarme est ainsi très fort : cela fait bien longtemps que le vote PS a cessé d’être automatique ; mais il existe désormais un autre pôle très attractif à gauche. Les électeurs ont aussi des exigences. Le 7 juin, ceux qui sont venus voter (le principal parti « gagnant » – probablement désespéré ! - est le parti des abstentionnistes) ont d’abord émis un vote d’adhésion à une démarche positive, celle portée par Europe écologie, et sanctionné ceux qui sont apparus comme porteurs de messages négatifs ou incohérents (le PS et le Modem).

Mais surtout les électeurs ont sanctionné les comportements et les mœurs politiques mis au grand jour lors du congrès de Reims. Le PS est donc au pied du mur : il doit muter ou il périra. Il doit retrouver la confiance de ses électeurs, confiance brisée par des logiques incompréhensibles et un discours inaudible. C’est encore possible, mais pour cela, il doit relever 7 défis :

Le retour de la parole militante.

Après 1986, 1993, 1995, 2002, 2005, le PS a su engager des phases d’écoute et de dialogue avec ses militants pour analyser profondément et sereinement les causes d’échecs électoraux majeurs. La plus belle réussite fut sans doute les Etats Généraux de 1993 qui ont réellement ouvert un cycle de re-conquête. Un tel processus est aujourd’hui indispensable. Un certain nombre de militants se sont sentis dépossédés du déroulement destructeur du congrès de Reims durant lequel un grand nombre de dirigeants ont en quelque sorte nié leur vote initial sur les motions au profit d’une stratégie du « tout sauf… ». Nous voulons sincèrement être en mesure de solder le congrès de Reims. Cette attitude irresponsable doit être dénoncée. Les militants qui demeurent veulent reprendre le pouvoir pour reconstituer une force de réflexion et d’action. Cette réappropriation doit se faire dans le même état d’esprit qu’en 1993 ou lors des primaires de 2006.

Nos propositions :

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Gouverner autrement le PS

Le mode de gouvernement de notre parti fait l’unanimité contre lui. Nos directions sont devenues des millefeuilles avec des strates s’ajoutant les unes aux autres. Le renouvellement prôné à chaque congrès provoque l’arrivée de nouveaux dirigeants qui viennent non pas se substituer aux précédents mais s’ajouter à eux. Par ailleurs, chaque « courant » veut récompenser le maximum de ses candidats et personne n’a le moindre critère d’exigence sur le mandat lui même. Nous pâtissons d’une culture de la dilution totale des responsabilités avec une absence récurrente de pilotage efficace, et ce à tous les niveaux. Aucune association, aucune entreprise, aucun syndicat, aucune collectivité locale, ne résisterait à une telle déresponsabilisation.

Les courants ont eu une très grande utilité pour refonder le Parti socialiste, à Épinay et dans les années qui ont suivi. Ils correspondaient alors à de vraies différences idéologiques et stratégiques. Mais il se sont progressivement vidés de leur substance intellectuelle, laissant place aux positionnements et aux seuls intérêts des personnes ou des clans.

Il faut avoir le courage de mettre fin à la sacro-sainte proportionnelle des courants. Non seulement elle est à l’origine de cette inflation des postes et de la dilution des responsabilités, mais surtout elle induit aussi ce rapport clanique qu’ont les adhérents à leur parti. A partir du moment où ils choisissent une motion, sur la base d’un texte évidemment discutable, les voilà enrôlés dans des logiques boutiquières qui n’ont en réalité rien à voir avec la vie des idées. En très peu de temps, par une maïeutique monstrueuse, se clivent le « Nous » et le « Eux ». Trop de socialistes achèvent les congrès et même les réunions de section à la manière de supporters.

Plus grave encore, la promotion individuelle via le scrutin proportionnel ne repose pas toujours sur le mérite ou la reconnaissance politique, mais bien trop souvent sur l’allégeance au bon chef du dessus qui coopte le moyen chef qui désigne le petit chef. Cette pyramide de la servitude volontaire aboutit à un pouvoir exorbitant : l’émergence des cadres dépend d’une petite poignée de personnes qui ont droit de vie ou de mort sur 95% des autres.

Nos propositions :

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Penser les grands défis pour mieux agir

Il n’est plus possible que des débats concernant les retraites, la RTT, l’Europe et bien d’autres, continuent à faire l’objet de positions mi-chèvre mi-choux. Le PS doit assumer ses propres positions, y compris sur la question sociale. Être en phase avec le mouvement social est nécessaire, mais notre parti ne doit pas se contenter de reprendre les positions et propositions de tel ou tel syndicat. Il est là pour penser globalement et de façon non corporatiste. Le PS doit organiser et animer de grands débats publics, prendre le risque d’une parole forte, intelligente, mais aussi tranchée, sur les questions internationales, sur le développement durable, l’Europe, la Nation, la culture, la précarité, les inégalités sociales, la sécurité, la justice, l’ascenseur social, la fiscalité, l’immigration, la laïcité, les services publics, les retraites, l’éducation de qualité pour tous, l’enseignement supérieur et la recherche, l’énergie, la réduction des déficits publics…

Nos propositions :

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Elaborer un projet pour gagner 2012

Les méthodes anciennes ne peuvent plus être reproduites. Nous devons nous doter d’un projet cadre court, clair et concis.

Nos propositions :

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Rendre attractif notre parti et fixer de nouvelles règles.

Le PS doit s’adapter aux modes de communication modernes mais il doit surtout se donner les moyens de faire venir ou revenir à nouveau à lui de très nombreux sympathisants.

Nos propositions :

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Sortir de la schizophrénie.

Le PS doit impérativement cesser de parler le double langage en permanence : la langue des responsables d’appareils qui seraient un peu les gardiens du temple socialiste et la langue pragmatique des élus locaux. La pratique politique des élus doit davantage servir de base à la réflexion nationale sur bien des sujets. Il n’est plus possible de publier des documents nationaux affichant des positions qui sont en totale contradiction avec les pratiques de terrain. C’est valable sur la question du cumul des mandats comme sur beaucoup d’autres sujets.

Un exemple concret : le livre publié à l’occasion du printemps des libertés s’en prend vivement aux systèmes de vidéo-surveillance. Or, la plupart des élus socialistes y sont favorables dans leur commune. De tels différends, qui engagent la pratique des libertés fondamentales, doivent être tranchés. Même exigence sur les alliances et sur les manières de gouverner le PS : il doit y avoir harmonisation entre pratiques locales et discours nationaux. Tenir un discours à Paris et un autre à Lille, Lyon ou Grenoble est incompréhensible pour nos électeurs.

Il serait vraiment utile d’observer et même de théoriser ce qu’est la pratique politique, démocratique, sociale et écologique du réseau très dense de nos élus locaux. Ce doit être le rôle du forum des territoires.

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Préparer les primaires.

Comme pour le projet, le maximum d’électeurs de la gauche doivent pouvoir participer à la désignation du candidat. Plus ce dispositif sera large, plus il sera un élément de dynamique politique pour la présidentielle. Nous devons l’ouvrir à toute la gauche sans exclusive, quand bien même les appareils refuseraient d’entrer dans ce processus. Il faudra aussi entamer un nouveau round de discussions au sein de toutes les formations politiques qui ont en commun une vision sociétale proche de la nôtre. A défaut de candidat commun, nous devons tenter d’avoir une plateforme programmatique commune pour une législature. Aucun tabou ne doit subsister.

Le rapport « Montebourg–Ferrand» sur les primaires doit être approuvé et mis en œuvre très rapidement.

Quant à la question du périmètre des alliances, cela fait partie des questions qui doivent être tranchées directement par les adhérents. Il doit pouvoir s’apprécier en fonction des aspects non négociables de l’identité du parti et du pragmatisme indispensable à toute construction politique. Devrait pouvoir être concernée toute formation politique avec laquelle nous avons un socle commun : pour mettre en œuvre un « développement durable », pour renouer avec l’esprit d’égalité et de justice, pour inventer de nouvelles protections sociales.

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A l’évidence ce qui reste à faire n’est pas exactement dans la lignée de l’état d’esprit qui a prévalu au lendemain du congrès de Reims ! En lieu et place du repli, nous devons nous ouvrir pour refaire de notre parti un lieu attractif où puisse se construire le projet et la chance de l’alternance en 2012. Notre parti s’est mis aujourd’hui en situation de grande faiblesse. Aucune fusion avec quelque autre parti n’est envisageable dans un tel contexte. Il doit retrouver ses ressources politiques propres pour redevenir le pôle d’attraction et le pivot dont la gauche a besoin. S’il ne saisit pas cette dernière chance de se réinventer, il sera relégué comme a pu l’être en son temps le Parti Communiste. Se barricader ou s’ouvrir, voilà le choix. Cette ouverture passe évidemment par l’organisation de primaires mais c’est tout le fonctionnement du PS qui doit être mis en question : il peut hélas y avoir demain d’autres congrès de Reims et d’autres 7 juin 2009.
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