Le mode de gouvernement de notre parti fait l’unanimité contre lui. Nos directions sont devenues des millefeuilles avec des strates s’ajoutant les unes aux autres. Le renouvellement prôné à chaque congrès provoque l’arrivée de nouveaux dirigeants qui viennent non pas se substituer aux précédents mais s’ajouter à eux. Par ailleurs, chaque « courant » veut récompenser le maximum de ses candidats et personne n’a le moindre critère d’exigence sur le mandat lui même. Nous pâtissons d’une culture de la dilution totale des responsabilités avec une absence récurrente de pilotage efficace, et ce à tous les niveaux. Aucune association, aucune entreprise, aucun syndicat, aucune collectivité locale, ne résisterait à une telle déresponsabilisation.
Les courants ont eu une très grande utilité pour refonder le Parti socialiste, à Épinay et dans les années qui ont suivi. Ils correspondaient alors à de vraies différences idéologiques et stratégiques. Mais il se sont progressivement vidés de leur substance intellectuelle, laissant place aux positionnements et aux seuls intérêts des personnes ou des clans.
Il faut avoir le courage de mettre fin à la sacro-sainte proportionnelle des courants. Non seulement elle est à l’origine de cette inflation des postes et de la dilution des responsabilités, mais surtout elle induit aussi ce rapport clanique qu’ont les adhérents à leur parti. A partir du moment où ils choisissent une motion, sur la base d’un texte évidemment discutable, les voilà enrôlés dans des logiques boutiquières qui n’ont en réalité rien à voir avec la vie des idées. En très peu de temps, par une maïeutique monstrueuse, se clivent le « Nous » et le « Eux ». Trop de socialistes achèvent les congrès et même les réunions de section à la manière de supporters.
Plus grave encore, la promotion individuelle via le scrutin proportionnel ne repose pas toujours sur le mérite ou la reconnaissance politique, mais bien trop souvent sur l’allégeance au bon chef du dessus qui coopte le moyen chef qui désigne le petit chef. Cette pyramide de la servitude volontaire aboutit à un pouvoir exorbitant : l’émergence des cadres dépend d’une petite poignée de personnes qui ont droit de vie ou de mort sur 95% des autres.
Nos propositions :
- Mettre fin à la proportionnelle des courants et au système de cooptation généralisé.
- Faire vivre à nouveau le principe de responsabilité. Les instances décisionnaires doivent donc être beaucoup plus resserrées (30 devant être un maximum) et ce à tous les niveaux.
- Elire les dirigeants selon de nouvelles modalités qui les fassent désigner par ceux qui sont en dessous d’eux et non plus par ceux au-dessus. Le recours au scrutin majoritaire doit être généralisé, mais le système de classement préférentiel est aussi utilisable pour les scrutins de liste.
- Rationaliser nos instances :
- des postes fonctionnels clefs à temps plein et rémunérés qui ne devraient pas être occupés par des élus que leur fonction rend en partie indisponibles.
- des secrétariats nationaux thématiques confiés à des parlementaires spécialisés dans les questions traitées.
- pour les dirigeants nationaux, fédéraux, comme locaux, tout mandat « exécutif » (secrétariat national, fédéral, secrétaire de section…) doit être borné à un champ bien précis : chaque personne ayant une responsabilité clairement délimitée se trouve ainsi en situation de l’assumer totalement et seul.
- limiter dans le temps les mandats exécutifs à deux mandats successifs.
- Faire de l’élection du premier secrétaire l’acte n°1 de nos congrès. Il faut désormais consacrer la première phase de nos congrès à l’élection de notre leader national. Nous devons d’abord élire le premier secrétaire national du PS sur la base d’une feuille de route et c’est seulement une fois élu que ce dernier doit proposer un ou des textes à amender ensuite par les adhérents, avec possibilité de votes optionnels. Une fois déterminé le socle commun qui nous rassemble, le phase ultime ne sert qu’à trancher les différences qui subsistent.